Un prompt géant qui fait tout — rédiger, traduire, formater, vérifier — fait généralement tout moyennement. Le chaînage de prompts découpe la tâche en une séquence fixe de petits appels, chacun prenant la sortie du précédent comme entrée.
L’analogie
Une chaîne de montage. Personne ne demande à un seul ouvrier de construire toute la voiture. Le poste 1 soude, le poste 2 peint, le poste 3 inspecte — et une pièce peut être rejetée entre deux postes avant de faire perdre du temps à tout le monde en aval.
Le principe
flowchart LR
IN([entrée]) --> S1["LLM : étape 1"] --> G{contrôle}
G -->|valide| S2["LLM : étape 2"] --> S3["LLM : étape 3"] --> OUT([sortie])
G -->|rejette| STOP([rejet précoce])
- Chaque étape fait une seule chose, avec un prompt court et ciblé.
- Entre les étapes, on peut poser un contrôle : une vérification programmatique pas chère (JSON valide ? moins de 200 mots ? en français ?) qui rejette tôt au lieu de propager du déchet.
- La séquence est fixée par vous — le modèle ne choisit pas la route. C’est ce qui en fait un workflow, pas un agent.
Un exemple concret
Produire une annonce produit bilingue :
1. LLM : « Rédige l'annonce à partir de ces specs » → brouillon
contrôle : moins de 300 mots ? le prix est mentionné ?
2. LLM : « Resserre et applique notre ton maison » → version EN soignée
3. LLM : « Traduis en français, garde les termes tech » → version FR
Trois petits prompts, chacun facile à tester et à remplacer — au lieu d’un méga-prompt qu’on n’ose plus toucher.
Quand l’utiliser
- La tâche se décompose naturellement en étapes fixes et ordonnées.
- Vous préférez la qualité à la latence : chaque appel ciblé est plus juste qu’un appel fourre-tout, au prix d’allers-retours supplémentaires.
- Les étapes ont des besoins différents : on peut même utiliser un modèle moins cher pour les étapes faciles et un costaud pour l’étape dure.
Quand l’éviter
- Les étapes dépendent de l’entrée de façon imprévisible → regardez le routage ou la boucle d’agent.
- La latence est critique : chaque maillon ajoute un appel complet au modèle.
Le piège classique
Les chaînes qui se dégradent en silence : l’étape 3 « répare » gentiment l’absurdité produite par l’étape 1, et vous ne voyez que le résultat poli. Mettez vos contrôles tôt, et journalisez chaque sortie intermédiaire — une chaîne de montage a besoin de contrôle qualité entre les postes, pas seulement à la sortie.